Prunières c’est….. Son village englouti !

Photo village en glouti

Lorsque le plan d’eau de Serre-Ponçon est à sa cote la plus élevée,à savoir 780, cela veut dire que l’emplacement de ce que furent la gare de Prunières et les constructions avoisinantes(à 736 Mètres d’altitudes) est à 44 mètres en profondeur .Il est dès lors difficile d’imaginer comment se présentait le relief et où se trouvait cette gare, sur l’ancienne voie ferrée, entre Chorges et Savines.

Disons donc que la chapelle Saint Michel (commune de Prunières) demeure le seul point de repère si l’on veut procéder à une reconnaissance en filigrane des lieux.
La chapelle ,ayant échappé au recouvrement de ces lieux par les eaux, dominait la route dite du Thubaneau-la RN 94- qui permettait de relier Chorges à Savines .

Après Chorges, la route descendait assez rapidement jusqu’à la rive droite de la Durance, à peu près à hauteur du hameau du Thubaneau (Prunières), y rejoignant la route principale de la vallée, montant vers Savines et descendant vers le Grand Pré (Chorges),l’Ile de rousset . Le vallon de Marasse constituait la limite entre les territoires de la commune de Chorges(à l’ouest) et de Prunières(à l’est).

La  gare de Prunières était aussi celle de….. Barcelonnette parce que la sous-préfecture bas alpine n’était pas desservie par le chemin de fer.
Alors , le trafic voyageurs et marchandises de la vallée de l’Ubaye passait par la gare la plus proche : celle de Prunières.  Ce trafic était d’autant plus important, qu’en dehors du fait qu’il devait satisfaire les besoins habituels nécessaire à la vie d’une vallée, l’armée était une partie prenante non négligeable l’Ubaye étant frontalière et au premier rang en cas de conflit, de nombreuses troupes de diverses armées occupaient casernes, fortifications et postes divers. Non seulement les militaires débarquaient en gare de Prunières, mais encore cette dernière était elle l’objet d’arrivages incessant, depuis le ciment jusqu’aux coupoles destinées, elles aussi, aux fortifications, en passant par la nourriture des troupes et des chevaux ! D’ailleurs la gare était équipée d’un quai militaire….

Les liaisons étaient difficiles avec le haut de Prunières : La couche, Thubanneau, quartier de la gare menaient une existence autonome avec leur école, leur chapelle, leur cimetière.  Malgré la présence de la gare ou s’arrêtaient de nombreux convois, c’est à Chorges que les habitants des hauts de Prunières allaient prendre le train… !     
                             
La gare de Prunières connaissait de la sorte une grosse activité assez bien étalée dans le temps mais avec de temps à autre, pour les cheminots et les transporteurs un surcroît de travail à des arrivages massifs tant militaires que civils (avec les transhumants ou les apports de bois en grumes venant de Morgon ou de Saluces ). Le trafic était tel qu’il avait été construit une cité cheminote pour y loger 6 familles. 18 cheminots y travaillaient car elle servait de point de départ des cars desservant la vallée de l’Ubaye… La société alpine des transports automobiles y avait installé un vaste garage pour abriter ses véhicules : cars et camion. Mais en janvier 1939 , un incendie détruisit ce bâtiment …
Autour de la gare , il n’y avait pas moins de trois cafés ( Morenon, Blanc , Arnaud) ce qui s’explique par de nombreux départs et arrivés de militaires. Quand à l’école du hameau , elle a été fréquentée par une trentaine d’élèves avec les apports de Prunières Gare et du hameau du thubaneau .Il s’y ajoutait les maisons d’habitations, garages et entrepôts de deux frères : Marcel et Eugène Bourgogne effectuant toutes sortes de transports ; expéditions et arrivages ferroviaires mais aussi transports de grumes depuis les forêts de Morgon, Saluces et autres.. Elle a cependant perdu de son intérêt dès que les cars et les camions sont devenus plus performants. Un premier sérieux coup de grâce a été donné après 1939-1940 . Marcel Bourgogne rappelle que les lieux furent mitraillés par huit avions en Aout 1944 et qu’il y eut trois morts. Trois jours après  c’était un bombardement faisant un mort. Mais on l’a dit Prunières Gare avait perdu de son intérêt avec le dégarnissage militaire de l’Ubaye alors que cars et camions devenaient plus performants choisissant plutôt la route de Gap……

Le second coup de grâce, sans appel celui là, est tombé comme un couperet avec la mise en eau de Serre-Ponçon….

 

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Origine des sources:Archives départementales. photos collections privés. Marcel Bourgogne.Articles DL Marcel barres- Roger Césanne- livre Maurice Fortoul- Florence Faure. Articles le p’tit toupins A.Clary- A. Laneyrie.